6 idées reçues sur le métier de gestionnaire de paie
Entre le comptable et le responsable des ressources humaines, le gestionnaire de paie occupe une fonction trop souvent méconnue. Il assure l’édition des bulletins de paie, document ô combien sensible dans la relation entre l’entreprise et ses salariés. Une tache qui n’est pas la seule néanmoins pour ces employés administratifs, dont les compétences et les missions sont bien plus vastes.
1. Une affaire de chiffres
La paie, c’est certes une litanie de chiffres (temps de travail, RTT, jours de congés, rémunération brute, primes, cotisations et contributions sociales, remboursement de frais, net à payer, prélèvement à la source, etc.), mais le travail en amont pour éditer un bulletin ne se limite pas à du calcul. Un gestionnaire de paie doit veiller à la bonne application du cadre réglementaire, mais aussi à communiquer avec les salariés et les managers autour des problématiques liées à la paie.
2. Une tache répétitive
Collecte d’informations, saisies de données : le gestionnaire de paie croise la route de nombreuses cases à remplir pour éditer des bulletins. Ses prérogatives peuvent varier selon les structures, mais il est aussi amené à effectuer une veille juridique et sociale continue afin de se tenir informer des évolutions réglementaires, et à participer à la production de divers documents dans le cadre de l’administration du personnel qui vont au-delà de la fiche de paie (arrivée et départ des salariés, tableaux de bord pour la direction générale, etc.).
3. Un métier cloisonné
Non, le gestionnaire de paie n’est pas enfermé dans un bureau à l’écart des autres employés administratifs ou de l’outil productif de l’entreprise. La production des bulletins de paie le met directement au contact des salariés et des managers pour collecter l’information et répondre à leurs questions, sur les sujets liés à la paie ou aux procédures juridiques qui s’y rapportent. Il échange également avec la direction des ressources humaines, la direction financière (le comptable), la direction juridique ou la direction générale autour des sujets de l’administration du personnel ou des déclarations fiscales et sociales, mais aussi avec les organismes sociaux. C’est un métier où le contact humain est omniprésent et l’aisance relationnelle une qualité requise en raison de la diversité des interlocuteurs.
4. Une rémunération peu attractive
Dans les métiers de la gestion administrative, le gestionnaire de paie permettent d’accéder à une rémunération dans la fourchette. D’après Helloworks, le salaire moyen de situe à 2500 euros brut par mois, au-dessus d’un aide-comptable (2000 euros brut par mois) ou qu’un assistant administratif (1750 euros brut par mois). En début de carrière, il est même supérieur à celui d’un assistant de direction. C’est un métier touché par une pénurie chronique de main-d’œuvre, ce qui joue en faveur des professionnels diplômés pour négocier leur rémunération !
5. Pas de perspectives d’évolution
Que ce soit en entreprise ou au sein d’un cabinet d’expertise comptable, le métier de gestionnaire de paie permet de progresser dans la hiérarchie. Avec quelques années d’expérience, il peut en effet évoluer vers un poste de responsable de la paie, mais aussi vers un rôle de responsable financier ou responsable des ressources humaines.
6. Une fonction vouée à être remplacée par l’IA
Dans le pays où le traitement de la paie est le plus complexe au monde d’après un très sérieux palmarès international, l’intelligence artificielle est une aide précieuse pour les gestionnaires de paie. L’IA apporte en effet de sérieux gains de productivité grâce à l’automatisation de process à faible valeur ajoutée, ce qui a aussi pour avantage de réduire le risque d’erreur humaine. L’IA permet aussi de développer des chatbots pour suppléer les gestionnaires de paie dans leurs interactions avec les salariés par exemple. Ces évolutions n’ont toutefois pas vocation à remplacer les professionnels de la paie, mais plutôt à modifier leurs pratiques professionnelles pour tirer profit de ces nouveaux outils.